Trans4mind Accueil

Transformer l'Esprit

backnext

Le père

C'est seulement plus tard, avec le développement de la conscience du soi et la formation de liens forts avec les parents que l'archétype parental se différencie entre les pôles maternels et paternels.

Dans les mythes, les légendes et les rêves, l'archétype du père est personnifié sous les traits de l'aîné, du roi, du Père au paradis. Il est l'incarnation vivante du principe de logos : ses paroles sont la loi. En tant que défenseur de la foi et du Royaume, il est le gardien du status-quo et du bastion contre tous les ennemis. Ses attributs sont l'activité et la pénétration, la différenciation et le jugement, la fécondité et la destruction.

C'est grâce à la relation parent-enfant que la conscience du sexe émerge. Le garçon remplace progressivement son identité de mère lorsqu'il s'aperçoit que son lien avec son père est basé sur l'égalité ("papa et moi ne faisons qu'un ") et cette transformation est cruciale si le garçon doit actualiser son potentiel masculin. La fille prend conscience que son lien avec son père est basé sur la différence : son père constitue sa première expérience profonde (spirituelle et sexuelle) de la différence de l'homme, ce qui confirme sa féminité.

L'influence du père sur le développement des enfants s'étend au-delà de la question de l'identité et des relations sexuelles. Dans la plupart des sociétés, il agit comme un pont entre la vie de famille et la vie de la société toute entière, à l'opposé du rôle plus expressif de la mère, car cernée par la famille et le foyer. Il encourage le développement des techniques nécessaires à une adaptation adulte réussie, et communique en même temps à l'enfant les valeurs et les mœurs du système social dominant.

La mère archétypale est hors du temps et domine le royaume des sentiments, des instincts et l'inconscient ; le père, quant à lui, s'intéresse aux événements dans le monde tangible, dans le contexte spatio-temporel (les événements approchés, contrôlés et modifiés à travers la conscience et l'utilisation de la volonté).

L'attitude du père vis à vis du travail, de la réussite sociale, du comportement, de la discipline, de la politique et de la loi ne fait pas que conditionner le développement des attitudes de ses enfants ; il leur présente aussi tout le potentiel du monde extraverti comme un endroit qu'il faut découvrir et dans lequel il faut vivre. Ceci favorise l'autonomie nécessaire (l'axe égo-soi) pour une vie efficace ; le second programme émotionnel territorial est imprimé selon les expériences de l'enfant lorsqu'il prend des risques concernant des problèmes de dominance et de pouvoir de la clarté.

En ce qui la concerne, la fonction expressive de la mère continue de fournir un soutien émotionnel permettant à l'enfant de sortir et de faire face aux défis de la vie avec un programme de survivance biologique sûr et en place. Bien qu'en pratique ces rôles peuvent être plus flexibles, l'amour archétypal de la mère est inconditionnel ; l'amour du père doit être acquis à travers la réussite. Avec le soutien de ses deux parents, l'enfant développe un égo sûr, pensant qu'il est accepté par les autres et capable de faire face aux éventualités de la vie. Les bons parents facilitent les tentatives d'exploration de l'enfant car le désir d'explorer l'environnement et le désir d'actualiser le soi sont deux aspects de la même chose et nécessitent tous les deux de l'agressivité. Les enfants non dominés sont naturellement autoritaires ; ils jouent librement et leurs jeux et leurs rêveries concernent leur désir d'être adulte, fort et efficace. S'ils ont établi leur confiance en une base sûre, ils peuvent équilibrer leur désir d'être libre (l'exploration) et leur désir d'être aimé (attachement).

A l'opposé, des parents trop autoritaires ont tendance à avoir un effet toxique, pas seulement en fournissant trop de contraintes et pas assez d'amour, mais à travers leur hostilité coutumière envers les attributs fondamentaux du soi mature : la sexualité et l'agression. En conséquence, l'activité est bloquée dans la réalisation d'une grosse partie de son potentiel émotionnel, sexuel et cognitif. Dans l'intérêt d'une vie calme (ou sûre), il développe une fausse personnalité qui est modelée selon les exigences et les attentes des parents et non selon les besoins du soi.

La distorsion parentale des intentions archétypales (comme l'absence, l'insensibilité, la dépendance parentale, la dominance…) peut donner des individus anxieux et manquant d'assurance qui disent d'eux-mêmes qu'ils manquent de confiance, qu'ils sont timides, innadaptés ou incapables de faire face aux événements. Ils ont souvent des difficultés à former et à maintenir des relations durables, semblent excessivement dépendants et immatures et ont des incertitudes sexuelles. Dans des circonstances stressantes ils ont tendance à développer des symptômes de névrose comme une angoisse persistante, une dépression, des phénomènes obsessionnels et compulsifs et des phobies. Les échecs primaires des premières années sont sous jacents à des névroses et des problèmes secondaires, qui apparaîtront plus tard.

L'archétype de l'enfant frustré se sent habituellement obligé de contrôler sa colère et d'en inhiber l'expression. Le ressentiment (largement inconscient) que ceci induit a tendance à persister dans la vie adulte comme une rancœur. L'hostilité qui n'a pu être exprimée est déplacée vers un autre groupe (par exemple les chefs, les syndicats, les noirs) ou vers quelqu'un de plus faible (l'épouse, l'enfant ou les employés). Selon Boulby : " l'individu est capable de faire aux autres ce qu'on lui a fait ; l'adulte brutal était un enfant envers lequel on a été brutal ." le désir inconscient d'amour se révèle sous la forme aberrante d'un comportement visant à attirer l'attention (par exemple, menacer de partir ou de se suicider, attirer la pitié par la maladie ou la malchance).

Les parents qui sont des êtres humains et non des dieux, sont par leur nature même imparfaits et incomplets ; tout ce qu'un parent peut désirer être de façon réaliste est assez bon pour fournir la clé qui ouvre la serrure archétypale, et en faisant ceci influence profondément la façon dont l'enfant voit les choses. Comme nous le découvrons lorsque nous grandissons, les enfants attendent plus de nous que nous ne leur donnons, et lorsque nous les décevons ils s'éloignent et vont chercher ailleurs ce qu'ils désirent. Oscar Wilde a dit : " les enfants commencent par aimer leurs parents ; lorsqu'ils grandissent, ils les jugent ; et ils les pardonnent parfois ." Ceci serait cruel et ingrat si chaque génération ne remboursait pas ce qu'elle doit à la précédente en le donnant à la suivante.

Le potentiel archétypal que nous ne parvenons pas à activer chez notre enfant persiste cependant comme un potentiel et doit continuer à chercher l'actualisation dans la réalité. Cependant, il existe un risque que la personne contourne l'actualisation des achétypes de naissance pour atteindre ce qui semble être une liberté supérieure. La répression d'un archétype devant toujours être atteint se manifestera par des rêves infortunés, des maladies, une dépression. La transcendance des archétypes (devenir plus qu'humain) n'est pas possible sans l'actualisation des archétypes existants. Un conflit contre la psyché collective de la race humaine (exprimée à travers les archétypes) est trop imposant pour être supporté par un individu. Il faut passer par le personnel pour atteindre le transpersonnel.

Les temps changent par nos espèces et nous devons suivre ces changements ou mourir. Les femmes peuvent contribuer de plus en plus à notre société, et peuvent trouver en elles de nouvelles possibilités bien au-delà de leur fonction de reproduction. Mais il est impératif que cette expansion féminine prenne connaissance de l'archétype féminin, et que les femmes ne cherchent pas à s'accomplir en imitant les hommes. La femme qui nie ou outrepasse sa nature féminine pour ressembler à un homme blesse son axe ego-self et cette automutilation cause la stérilité dans les domaines psychiques et physique ; elle risque d'être aliénée par ses propres ressources inhérentes et par le sens de sa vie. Les archétypes sont les décrets de la nature : nous ne les respecteraient pas à nos risques et périls.

Le déclin contemporain de la position du père a coïncidé avec un mouvement de rejet de l'autorité chez les jeunes, qui se manifeste par de l'hostilité envers les valeurs patriarcales traditionnelles faisant partie intégrante de notre culture.judéo-chrétienne depuis 2 000 ans. Ce qui a été rejeté sont les aspects du père et de l'homme archétypal ayant trait au maintien de l'ordre et de la loi, de la discipline et de la maîtrise de soi, de la moralité et de la responsabilité, du courage et du patriotisme, de la loyauté et de l'obligation, de l'exercice de l'autorité et du commandement tout ce qui a été attaqué durant les 20 dernières années comme étant l'ennemi de la liberté individuelle et de la créativité. Ils le sont en effet, s'ils se manifestent sous la forme de névrose. Cependant on ne peut pas séparer un archétype du soi, ni en disposer comme d'un membre amputé. S'il est rejeté par une attitude négative consciente, il retourne vers l'inconscient seulement pour retrouver des formes subversives ou antisociales. Les composants archétypaux existent parce que la sélection naturelle les y a mis ; sans eux, aucune population ne pourrait espérer survivre. La seule façon d'évoluer par une race est de survivre de façon plus efficace en actualisant les leçons du passé et en construisant sur cette base, en faisant des percées dans la façon d'être qui réussissent à la majorité et créent un bonheur durable pour des générations et qui sont donc encodés dans la ligue génétique.

En l'absence d'instructions paternelles directes dans la vie pratique et à cause de la perte d'une tradition paternelle digne de confiance, les individus s'orientent en fonction des autres, donnant ainsi au groupe de pairs son importance actuelle, avec ses gestes enfantins d'envie, de rivalité et d'autre direction. L'Etat prend de plus en plus les rôles paternels de protecteur et de nourrisseur, sans encourager le développement de l'autonomie et de l'autosuffisance individuelle, ni enseigner le fait économique que toute chose (luxe ou nécessité) doit être gagnée. Ceci cause une sorte d'adolescence collective et fixée.

Deux formes de trouble sexuel sont généralement trouvés chez l'homme immature : l'homosexualité et la promiscuité. Dans le cas de l'homosexualité, la libido hétérosexuelle est toujours liée à la mère, qui est véritablement le seul objet aimé, ce qui a pour résultat que l'on ne peut pas avoir de relation sexuelle avec une autre femme. De tels hommes manquent habituellement de virilité et la recherchent symboliquement chez leurs partenaires masculins. Dans la promiscuité, l'image de la mère est recherchée dans chaque femme ; ainsi, à chaque fois que cet homme est fasciné par une femme, il découvre inévitablement en ayant des relations sexuelles avec elle, qu'elle n'est qu'un être humain ordinaire. Il se détourne donc d'elle, seulement pour projeter à nouveau cette image d'une femme à une autre. Aucun n'est assez mûr pour reconnaître sa propre virilité ne pour reconnaître l'archétype féminin présent en eux qui doit toujours être actualisé dans une relation appropriée. Chacun peut avoir été influencé par une mère dominante ou possessive, ou par un père distant.

Il est nécessaire de relâcher le lien unissant une mère et son enfant avant qu'une réunion puisse avoir lieu et que le 4ème programme socio-sexuel soit imprimé. Pour l'adolescent normal, la femelle sexuelle est étrangère et dont terrifiante à cause de sa totale nouveauté (physiquement et dans la nature sexuelle de leur féminité) mais il est cependant assez courageux pour la pénétrer, pour la connaître. La virilité émergente du garçon rend ceci impératif ; il dépasse donc sa peur, se détourne de sa mère (dont la sexualité est taboue) et cherche la sexualité féminine qu'il désire auprès d'une femme réceptive qu'il n'a pas encore rencontrée dans le monde extérieur. Il est désormais préparé pour la rencontre avec son compagnon, son initiation dès l'enfance à l'âge Adulte.

Un archétype séquentiellement lié au noyau féminin se développe : sous cette influence, commence la quête de l'âme sœur.


Allez au prochain article, Identité personnelle

Retour à Transformer l'Esprit - Sommaire.next