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ALLER VERS - CONTRE AU LOIN

Karen Horney a analysé la manière dont un individu se meut en direction, contre ou au loin des autres, et du monde autour de lui. Ces " flux " sont présents dans une attitude saine d'intérêt extraverti de préoccupation pour surmonter des obstacles et de réflexion par rapport aux résultats. Si ces flux deviennent compulsifs, il est possible cependant qu'apparaisse une dépendance de type névrotique, ou une attitude agressive, ou bien encore une attitude de retrait totalement introvertie.

En tant qu'enfant, un sentiment de séparation intrinsèque apparaît alors. Se conformer à la demande générale devient alors une solution préférable à rester seul; la façon la plus causative d'agir étant de communiquer afin de forger une compréhension avec les autres tout en conservant son intégrité personnelle en restant honnête et vrai par rapport à sa propre considération de ce qui est vrai et de ce qui est faux. Dans la pratique, évidemment, les gens ont des objectifs et des points de vue différents sur la vie et ceux-ci peuvent entrer en conflit.

"Atteindre en allant" vers devient "combattre", le combat peut d'ailleurs être en soi-même (ou bien une partie de soi, ou de l'environnement avec lequel on est identifié, comme les "devrait" parentaux, les sentiments d'insécurité de l'enfant, la famille, les amis, le patron, l'amant, l'instituteur, le footballeur, le politicien, la star du rock ou toute possession, attitude fixée, croyance idée ou ressenti) qui peut opposer un élément dans le monde extérieur qui soit ressenti comme quelque chose qui s'oppose à nos propres intentions. Ce conflit devient seulement un problème si on ne peut pas confronter (faire face avec équanimité) ou expérimenter confortablement la confusion qu'il crée, autrement ça pourrait être réglé et la situation regardée (de façon réaliste) comme étant une parcelle intégrante du jeu de la vie.

"Atteindre en direction de", lorsque la chose est rationnelle, c'est "être ensemble", l'affinité; en cas de névrose, c'est la dépendance.

"Faire face contre", lorsque c'est rationnel, ça signifie confronter (avec équanimité). En cas de névrose, c'est l'agressivité.

"Se retirer au loin", est simplement être à part, quand c'est névrotique, c'est éviter le contact.

Une communication à deux sens, c'est inter-agir, lorsque c'est rationnel, mais c'est une obsession quand on parle de névrose.
Dans la mesure où ses mouvements sont flexibles et spontanés, l'individu est libre. Lorsque ça devient inflexible et rigide, il est piégé. Si l'une de ces directions devient compulsive, par exemple: aller vers, en direction de", peut devenir compulsif entre deux amants, il y a risque de répression des autres flux, par exemple: toujours entre 2 amants: "contre réprimé", peut devenir colère, et "au loin réprimé" peut comporter le désir d'être avec d'autres gens.

Ces facteurs de répression peuvent faire irruption soudainement et de façon incompréhensible. Si "contre" devient bloqué, comme par exemple dans un problème insoluble, cela aura tendance à rester "pendu" dans le temps, flottant dans un "non temps" plutôt que d'être localisé sur un "continuum temps" d'expériences, et cela provoque un empaquetage mental ou crête de flux d'énergie opposées, un ressenti de lourdeur et de tension autour de la tête.

La création causative se réduit à une compulsion fixe, comme une solution de sécurité, ou une défense, pour tout ce qui est douleur non confrontée, peur, anxiété, confusion, changement ou culpabilité. Une solution qui peut impliquer de dominer les autres, de leur faire plaisir, ou d'attirer leur sympathie. C'est rationalisé de l'intérieur comme étant juste et le comportement idéal, avec les autres points de vue qui sont évidemment: faux. La solution devient un modèle fixée et la rationalisation une idéalisation de soi.

Toutes ces idées connexes sont maintenues ensembles par l'expérience traumatique qui les a nécessitées au départ. Lorsque les circonstances inconfortables réapparaissent, ou des circonstances similaires, le modèle est re-joué automatiquement et la personne ne réalise pas du tout qu'elle est entrain de dramatiser réactivement ou bien que son vrai MOI est complètement endormi.

Sa façon de voir devient irréaliste, mystique, et idéaliste, relatant comment est le monde, ou comment il devrait être. Lors des premiers modelages du caractère, lorsque les parents ont imposé un set de "devrait" et "ne devrait pas", cela a amené l'enfant à déduire une image de comment il devrait être pour être en sécurité et être délivré à jamais de l'anxiété consécutive au fait de "n'être pas OK." Tout cela est renforcé par la suite par des personnalités dominantes genre: amis, professeurs etc...

Idéaliser, et le besoin de l'exiger des autres qui résulte, c'est agir en conformité avec cette image de "devrait être" intérieure - par exemple: "les gens devraient faire les choses comme moi, parce que, bien sûr, ma méthode est la bonne"; ou "ces choses ne devraient pas m'arriver à moi parce que je suis spécial." Dans vos exigences est souvent contenue la certitude que les choses vont venir à vous sans le moindre effort. Votre indignation lorsque ces exigences sont frustrées, peut entraîner des ressentis d'apitoiement sur son propre sort, ou le sentiment d'être une victime, ou bien être réprimé et refaire surface avec des symptômes psycho-somatiques.

L'exigence intérieure à son propre sujet, par exemple: "je devrais être indépendant", a pour conséquence une demande extérieure en direction des autres: "laissez moi me débrouiller tout seul!", qui utilise la fierté comme un moyen de défense contre sa propre haine de soi, qui est le résultat d'exigences intérieures constamment irréalistes qui ne peuvent jamais être satisfaites. La fausse fierté, et la haine de soi, sont les deux faces de la même pièce de monnaie: "la compulsion à avoir raison", et ceci est la cause de beaucoup de misères et de souffrances.

Lorsqu'une personne fonctionne de façon permanente dans l'anxiété ou l'incertitude concernant sa valeur et ses capacités réelles, l'échec d'être à la hauteur de ses idéaux la conduit à des pulsions d'auto-destruction inconscientes, voire à des actes du même style qui sont autant de symptômes de la haine de soi. Des choses comme des imprudences graves répétitives, l'abus de la drogue (ou de l'alcool), ou bien le mépris de soi "personne ne pourra jamais m'aimer", contribuent à avoir des exigences démentielles sur soi répétitives, "ça ne doit m'affecter en aucun cas", des accusations de soi "je ne suis qu'un gros lourdaud" etc...

La dépendance morbide, ou agir en "victime perpétuelle", sont des moyens que l'on utilise pour retrouver une certaine assurance en refusant toute responsabilité. Le détachement "dans la dignité" peut sembler une solution à ce conflit - tout ce qui peut couper court les ressentis sensitifs "laissez moi seul!", ne présenter aucune faille à qui que ce soit, "personne n'a de prise sur moi" etc... La haine de soi peut être également projetée contre d'autres gens, des idées, des institutions, voire contre la vie elle-même, en se servant de généralités à outrance pour masquer la vérité - "les politiciens sont tous des imbéciles" ou, "il n'y a pas de justice dans la vie".

D'un autre côté, lorsqu'une personne opère avec une confiance reposant sur une bonne connaissance de soi, ça ne la gênera pas de faire des bourdes et, au contraire, sera désireux de tirer de ses erreurs "la substantifique moelle." L'intégrité, c'est-à-dire sa capacité à rester UN devant l'adversité, repose sur le respect de soi et des autres. En faisant un peu le tri dans ses amours, tirer les principes par la queue, prendre du temps et de l'espace pour soi, sont des choix de liberté, à des années lumière des compulsions de la "fausse personnalité".


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