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THÉRAPIE PAR L'ÉMOTION RATIONNELLE

Les croyances sont des conclusions auxquelles on est arrivé en faisant le bilan de ce qu'on a appris dans le passé - que ceci soit le fruit de notre expérience directe, ou assimilé indirectement par le biais de pression parentales ou de nos pairs - destinées à nous faire comporter conformément au mode de pensée di "normal" (de notre culture).

Ayant perçu une situation d'une certaine façon, par exemple: en mettant en avant un certain aspect de la situation que l'on considère comme le plus significatif, l'individu va alors procéder à une évaluation qui sera conforme à ses croyances et qui fixeront la manière dont il se positionne par rapport à la situation. Il va (sans doute semi-inconsciemment), se dire une phrase à lui-même qui est basée sur une supposition ou une croyance sous-jacente.

Cette croyance peut être rationnelle, c'est-à-dire basée sur la réalité de ce qui existe et de ce qui est logique; ou bien cela peut être irrationnel, basé sur des illusions ou des préjudices subis, ou des idées fixes qui sont inaccessibles à l'inspection analytique. Par exemple, prenez une personne qui se fait renverser par un bus; elle va insulter le chauffeur en disant qu'il roulait trop vite; et puis elle croit (rationnellement) que le chauffeur, comme tout un chacun, est un être humain faillible et qu'on devrait lui "retirer son permis", ou alors lui faire subir une nouvelle formation sur la conduite.

Alternativement, il peut aussi réagir très irrationnellement et se dire que c'est horrible qu'un chauffeur puisse faire des choses pareilles, et que, s'il pouvait le rencontrer à nouveau, il lui ferait "la peau." Ceci est une évaluation grossièrement exagérée de la situation qui repose sur une croyance irrationnelle sous-jacente que le comportement du chauffeur est intolérable. Ces principes constituent l'axe de la thérapie par "l'émotion rationnelle", destinée à venir en aide à un client qui a des réactions émotionnelles douloureuses, inappropriées et d'auto défaitisme face à des événements du quotidien.

Voici les diverses étapes nécessaires:

  1. Réaction émotionnelle
    Une fois que vous avez cerné avec précision le problème exact que le client veut résoudre, la 1ère étape consiste à faire la liste complète des émotions et comportements sous-jacents. Le type d'émotions auxquelles il faut s'intéresser est le type "exagéré" tel que: l'anxiété, la colère destructrice, la honte, la dépression ou la jalousie morbide. Chacune d'elles a un équivalent qui ne présente pas ce caractère extrême et peut sembler plus approprié à la situation - il y a tout de même une sacrée différence entre une colère qui vous ravage et être un peu embêté - donc, il s'agit de trouver le point auquel vous vous adressez dans la croyance rationnelle, et qui peut la calmer tant soit peu. Notez bien qu'en parallèle de la forte réaction émotionnelle, existe un comportement de self défaitisme, du fait de l'effet destructeur de l'émotion négative.
  2. Déductions
    Il faut alors observer attentivement l'événement qui réactive la chose et la déduction faite concernant la situation qui vient interférer avec la réaction - qu'est-ce qui perturbe (le client) dans l'exemple du problème examiné - objectivement (l'aspect fondamental pratique de la situation), et subjectivement (quelles conclusions ont été tirées de cet aspect pratique, et comment cela a-t-il été interprété dans son mental).

    Chaque événement (réel) entraine une interprétation différente qui entraine à son tour une émotion spécifique. Les interprétations qui comportent des distorsions de la réalité, par exemple "du penser distordu", ne font qu'accroître le désordre émotionnel. Une situation difficile ou traumatique ne peut pas être perçue aussi clairement par la personne qui est sous stress, qu'une autre personne qui n'est pas dans la situation et qui peut la regarder objectivement. Il existe un très gros risque pour la personne sous stress de voir re-surgir tout à coup dans son mental, au moins de façon sub-consciente, des images de situations traumatiques similaires antérieures. Elle va, de ce fait, regarder la situation réelle au travers des "filtres" de préjudice ou de peur et fera inévitablement toutes sortes de déduction que rejetterait d'emblée un observateur neutre et objectif.

    Pour revenir sur notre exemple précédent, la personne renversée par le bus a pu faire une déduction rationnelle selon laquelle le chauffeur allait trop vite alors que lui avait largement le temps de traverser "en sécurité." Il peut, à partir de là, déduire que le bus a délibérément essayé de le tuer. L'interprétation d'un événement peut donc varier d'un individu à l'autre, en fonction de son système de croyances. Au cours d'une soirée, par exemple, la même plaisanterie peut provoquer soit de l'embarras, soit une cascade de rires incontrôlables, en fonction de la personne qui le reçoit.

    Une déduction peut en entrainer une autre. Par exemple, si vous vous faites "remballer" lors d'une tentative de "drague" d'une jolie fille, cela peut amener votre mental à déduire que vous ne devez " ressembler à rien " - ou bien aller jusqu'à provoquer une anxiété qui vous fera penser que vous n'arriverez jamais à rien avec une fille. Pire encore, cela peut vous rendre totalement " barge " de penser à ce que vos collègues de travail peuvent penser de votre "profil de mâle"; et, pour finir, vous pouvez conclure que votre carrière de séducteur est définitivement compromise.

    Une chaine de déductions de ce type peut tout à fait être déclenchée par une situation réelle. Mais une seule d'entre elles suffit à créer la provocation, selon le point de vue de la personne qui va aller "titiller" la croyance fixe, et amener à une évaluation irrationnelle et l'émotion inappropriée qui suivra inévitablement, ainsi que l'attitude d'auto défaitisme et sa réaction sur le comportement. Donc, mieux vaut mettre ça en évidence et le prendre en main en premier.

  3. Perturbation émotionnelle secondaire
    La réaction émotionnelle douloureuse que ressent la personne lorsqu'elle doit faire face à un problème au sujet duquel elle a une croyance irrationnelle sous-jacente, est un problème de "penser dans sa tête".

    Cela peut titiller chez elle une perturbation émotionnelle secondaire; par exemple: elle peut se sentir embarrassée à l'idée de piquer une grosse colère et de "sortir de ses gonds." Cela peut demander une inspection en premier parce que cet embarras peut piéger son attention et l'empêcher de pouvoir contacter et comprendre le ressenti de colère.

    Alternativement, la perturbation émotionnelle secondaire peut remonter à la surface alors que la "primaire" a été résolue; la personne peut alors se dénigrer elle-même au sujet de la réaction première, ou alors continuer à réagir ainsi alors qu'elle sait que c'est irrationnel.

  4. Croyances irrationnelles
    L'étape suivante consiste à faire la liste des croyances irrationnelles que la personne maintient en place afin de faire la balance avec les émotions qui en résulteraient. L'irrationalité prend place lorsque des règles totalement irréalistes et absolues sont appliquées arbitrairement et de façon inappropriée. L'objet de la thérapie est de proposer une vue plus réaliste du monde mais pour que ça marche, cette nouvelle vue doit venir de la personne elle-même, non de l'évaluation du thérapeute.

    Les règles que l'on impose semblent se concentrer sur: "le danger contre la sécurité" ou "la douleur contre le plaisir." Les risques et dangers existant dans les situations courantes, peuvent être totalement surévalués ." La plupart des problèmes ont leur source dans des "dangers psycho-sociaux"; peur de l'humiliation, de la critique, ou d'être rejeté etc. … Les attitudes qui prédisposent les gens à une tristesse exagérée sont les suivantes:

    "Pour être heureux, je dois être accepté par tous, populaire, fameux, riche et plein de succès etc… Si je commets une erreur je suis incompétent. Je ne peux vivre sans amour. Lorsque les gens ne sont pas d'accord avec moi, ils ne m'aiment pas!"
    Ces croyances sont remplies d'absolus et d'extrêmes qui ne peuvent trouver satisfaction. Habituellement, il y a une demande (devrait, est tenu de, a le devoir de) à partir de laquelle la croyance est dérivée. Un thérapeute pourrait demander à la personne: "qu'est-ce que vous vous dites à vous-même pour faire en sorte que vous vous sentiez (ou comportiez) de la sorte?" En parlant des raisons de la croyance, le thérapeute doit demander les "doit, devrait, et les points de vue irréalistes comme "c'est horrible!" et les assigner d'une tolérance faible à la frustration style "je ne peux pas supporter ça plus longtemps!", ou "cela ne devra plus jamais se reproduire!", et toutes les généralités de la dramatisation de soi ou des autres.
  5. Mettre en évidence l'irrationalité
    Une fois que vous avez amené la personne à reconnaître de façon explicite ses croyances sous-jacentes et lui avoir montré la relation entre elles et ses réactions comportementales et émotionnelles, l'étape suivante consiste à examiner, avec elle, la rationalité de la croyance, et à l'aider à prendre conscience que ça ne la mène nulle part, que c'est illogique, et que ça ne résiste pas à une inspection rationnelle. Il est impératif que puisse se dérouler un débat "socratique" qui permette à la personne de démontrer que sa croyance est logique, réaliste et utile, de façon à ce qu'elle puisse se rendre compte par elle-même que ce n'est pas le cas.

    Vous pouvez aussi lui demander quelle est la pire chose qui pourrait lui arriver dans les circonstances données, puis quelles sont les bonnes choses qui pourraient en résulter. C'est important que la personne parvienne à ses propres conclusions, en suivant son propre raisonnement et en examinant les alternatives possibles, plutôt que de la conduire à une conclusion "servie sur un plateau." Procéder ainsi peut créer chez elle une résistance à l'évaluation, même si cette dernière semble tout à fait correcte au thérapeute. Une telle approche (évaluative), peut empêcher totalement la personne de réellement voir pour elle-même, l'aspect fonctionnel de votre méthode (non évaluative).

    La personne doit se voir offrir la possibilité d'avoir un autre point de vue et de tester la faisabilité de sa vieille croyance face à l'évidence de la logique, de la réalité et de ce qui est mieux pour elle. Ceci sera difficile à obtenir dans bien des cas, sans une intervention amicale du thérapeute.

    L'expérience de l'analyse logique est une affaire d'éducation et ceci pourra être appliqué par la personne à d'autres situations de sa vie, afin de reconnaître d'autres fausses idées existantes qui pourront émerger dans la restimulation consécutive aux affaires du quotidien, et pour empêcher de continuer à accumuler d'autres mé-conceptions dans le futur.

  6. Attaquer la honte
    Le ressenti de honte est toujours dépendant d'une croyance irrationnelle sous-jacente; par exemple: si vous ne pouvez pas supporter la désapprobation des autres. De ce fait, un exercice "d'attaque de la honte" est une bonne façon d'acquérir la conscience d'une croyance irrationnelle en testant délibérément la chose dans une situation réelle de la vie (qui soit équivalente à l'événement qui va titiller cette croyance).

    Vous pouvez alors remplacer la croyance irrationnelle titillée par une alternative plus rationnelle et tester sa faisabilité. Le comportement va alors se modifier au fur et à mesure que la confiance reprend le dessus et que la nouvelle croyance se révèle utilisable et capable de produire des résultats entrainant des ressentis plus agréables que ceux qu'entrainent la croyance irrationnelle.


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