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LA PENSEE RATIONNELLE

Du fait que nous sommes prisonniers de la croyance que notre univers intérieur est à la merci des événements extérieurs, nous essayons de ce fait de régler le problème du stress (intérieur) en essayant de régler le problème du monde (extérieur), c'est-à-dire en réduisant les circonstances que nous croyons être la cause de notre stress. Procéder ainsi revient à négliger totalement le rôle que joue le mental dans la plupart de nos réactions de stress.

Très souvent, ça n'est pas la situation elle-même qui cause le stress mais plutôt la façon dont nous percevons la situation. Si je considère la situation comme une menace par rapport à ce que je veux, ou à mon sens de la dignité, ou à mes attentes sur la façon dont les choses devraient être, alors je risque tout à fait d'être très perturbé.

Le fait que ce soit notre perception des événements qui "titille" nos réactions, suggérerait l'idée que nous pouvons avoir bien plus d'influence sur notre réponse que nous le pensions à priori. En prenant responsabilité pour notre propre processus interne, nous pouvons nous remettre en position de contrôler les choses, et de ce fait retrouver notre pouvoir de choix quand à savoir si nous devons ou non nous laisser perturber par les choses qui sont arrivées.

Cela ne veut certainement pas dire que nous devrions nous allonger et laisser "le troupeau nous piétiner." Il y a certainement des tas de choses que nous pouvons faire qui pourrait réduire tant soi peu la pression! Ce que nous n'acceptons pas, c'est d'être perturbés, plus qu'il ne faut, voire malades, à cause du processus en question. En fait, nous aurons probablement une bien meilleure réaction, plus clairvoyante, plus sensée, avec plus de confiance en soi, plus efficace, si nos méninges ne sont pas estampillées en permanence par des réactions dictées par des incidents de notre ligne d'évolution passée.

Lorsque vous apprenez à travailler sur vous même de cette façon, vous apprenez par la même à composer avec la source de toutes les peurs (la petite voix dans votre tête qui juge et interprète tout ce qu'elle observe), et vous apprenez à laisser votre mental Ego "au vestiaire".

Le mental est rempli de mots perdus, de phrases isolées, de commentaires, de complaintes. C'est comme un moulin à prière intérieur qui tient conférence, justifie, harangue les troupes. Il y a des ré-harcèlements sans fin, des récriminations, des argumentations totalement débiles, qui font des jeux de mots et qui lancent des piques. Du fait de la domination du cerveau gauche, ce type de "maladie" est fréquent.

Beaucoup de gens cherchent à intellectualiser ou à rationaliser, à justifier leurs ressentis, et à un point tel qu'ils sont littéralement "éjectés" d'eux-mêmes, et de ce fait, " Schizophrènes " dans une certaine mesure. Une telle personne évite tout contact avec les émotions et la réalité non-verbale. Elle est véritablement isolée du reste de sa personnalité et est très méprisante vis-à-vis de son corps.

Les mots émergent sans arrêt de son mental et "lessivent" tout contact avec l'instant présent. Dès qu'il est ouvert, le ressenti direct terrifie la plupart des gens et ils doivent ériger des murs de mots pour servir de barrière à l'émotion. La plupart des comportements névrosés reposent sur un souhait désespéré d'éviter la douleur émotionnelle.

En vous concentrant sur la douleur, en localisant où cela vous affecte, en vous souvenant des expériences passées associées avec elle, en observant ce que vous ressentez avec vos tripes (plutôt qu'avec votre tête), tout cela va permettre à la vérité d'émerger - c'est-à-dire toutes ces croyances et évaluations irrationnelles qui sont sous-jacentes aux ressentis pénibles.

Un événement est interprété, jugé, et étiqueté d'une telle manière qu'une réaction émotionnelle spécifique est inévitable. Vous êtes sans arrêt entrain de vous décrire le monde à vous-même, en donnant à chaque expérience ou événement un label défini.

Vous faites des interprétations de tout ce vous voyez ou entendez, vous décidez que l'événement est bon ou mauvais, douloureux ou agréable et vous prédisez si cela va être source de danger ou de sécurité relative. Depuis l'enfance, les gens vous disent ce qu'il faut penser. Vous avez été conditionné par la famille, les amis, et même les média, à interpréter les événements de telle ou telle façon.

Ces labels, jugements, étiquetages, sont façonnés par le dialogue infini qui se déroule en vous et colore l'expérience avec des significations très personnelles. Les pensées sont constantes mais rarement conscientes car elles sont dépourvues de toute réflexion ou raisonnement antérieurs, mais elles ont néanmoins assez de pouvoir pour stimuler vos émotions les plus intenses.

Un tel monologue intérieur est souvent composé de quelques mots essentiels ou d'une image visuelle brève, qui agit comme un label pour collecter des souvenirs douloureux, des peurs ou des réactions d'auto-critique internes. Si vous pouviez les analyser objectivement, vous les considéreriez comme peu réalistes, exagérées et ayant un caractère d'hyper-généralité, mais en pratique, elles apparaissent automatiquement en réaction à un stimuli.

Elles plongent dans le mental et sont " avalées " sans la moindre question ni comparaison, et leurs implication et conclusions ne font jamais l'objet de la moindre analyse logique. Les pensées automatiques sont souvent répertoriées en termes de "devrait" - "est tenu de" - "doit faire" et leur contraire. Chaque armure de " devrait " induit un sentiment de culpabilité ainsi qu'une perte de confiance en soi.

De plus, les pensées automatiques sont de tendances très pessimistes, attendant toujours le pire, et sont les sources majeures de l'anxiété. A cause de leur caractère réflectif et de leur aspect plausible, les pensées automatiques glissent silencieusement à l'intérieur de la fabrique de votre propre penser conscient. Elles semblent aller et venir selon leur propre décision et semblent constituer des "clés", l'une pour l'autre, une pensée dépressive "titillant" toute une chaîne de pensées associées qui viennent renforcer la dépression;

Par exemple, considérer que quelque chose est épouvantable, c'est accrocher une étiquette traumatique auto-générée à ce qui existe dans la réalité. Se préoccuper ou être obsédé par un seul type de pensée vous amène à la vision en tunnel dans laquelle, seuls les aspects de l'existence qui confortent cette façon de voir sont pris en compte. Le résultat est alors une émotion prédominante et souvent très douloureuse, du genre colère chronique, anxiété ou dépression.

La vision en tunnel est le fondement de la névrose et c'est à l'opposé de la conscience. Pour argumenter le niveau de conscience, il est nécessaire de prendre en compte et de mettre à nu les pensées automatiques, particulièrement celles qui causent des ressentis douloureux continuels.

Regardez vos pensées comme un film au ralenti. Ecoutez votre dialogue interne, séquence par séquence, prenez conscience du 1/1000ème de seconde que cela prend pour dire "je ne peux pas accepter ça!" ou de la _ seconde que donne l'image de l'événement terrifiant. Notez bien si vous êtes entrain de décrire ou d'interpréter intérieurement les actions de quelqu'un d'autre: "elle est déçue" ou "il m'a descendu en flammes".


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